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Deux critères retiennent votre attention
dans votre recherche d’une occasion : le
prix, c’est normal. Puis intervient le
kilométrage que vous voulez le plus bas
possible, et si c’était une erreur ?
Si nous regrettons fréquemment que les
motos neuves atteignent des tarifs
totalement prohibitifs, nous devons
admettre qu’elles sont devenues
particulièrement fiables, dès lors
qu’elles ont reçu un entretien “ normal ”.
D’ailleurs, l’esprit motard s’est un peu
perdu depuis qu’il n’y a plus personne à
dépanner sur la route ! Légitimement, une
moto qui a atteint un kilométrage élevé ne
doit pas vous effrayer, mais il faut être
vigilant.
Qu’entend-on par fort kilométrage ?
La valeur d’une moto est avant tout
définie par une cote dite “ cote argus ”.
En réalité, la cote de l’officiel du cycle
et du motocycle qui fait référence auprès
des professionnels, est une valeur plutôt
basse. Dans la réalité, les prix sont plus
élevés. Il existe
un barème de plus value kilométrique pour
les machines qui ont peu roulé.
Evidemment, il y a une moins value pour
celles qui ont dépassé la moyenne, qui est
de :
- 6 000 km pour les 125,
- 15 000 km pour les GT,
- 8 000 km pour tout le reste.
Mais c’est surtout en rapport avec la
maintenance obligée des modèles qu’il faut
définir ce seuil, explications…
Quelle décote espérer ?
Théoriquement la décote pour surcroît de
kilométrage atteint environ 1% de la
valeur de la cote par tranche de 1 000 km.
En réalité, vous n’allez pas forcément
trouver cet avantage sur le terrain.
Pourquoi ? L’existence des motos
(japonaises essentiellement) obéit à des
règles de vieillissement assez stables. A
20 000 km, les roulements de roues /
direction sont déjà bien usés. Une moto
vendue à sa cote doit avoir été revue, ou
au minimum vérifiée sur ce point. A 30 000
km, les disques de freins peuvent être
limite, notamment à l’avant depuis que la
géométrie “ tout sur l’avant ” a été
adoptée par tous les constructeurs. Enfin,
les distributions passent rarement les 50
000 km sans intervention : changement des
patins, voire de la chaîne. Donc au-delà
de 50 000 km, une moto normalement
entretenue a eu des frais importants de
maintenance que le vendeur essaie de
récupérer à la revente. Un bilan n’est
donc pas simple. Mais ce qui est sûr,
c’est que si la machine de 50 000 km a été
correctement entretenue, elle est partie
pour en faire autant ! Il y a donc moins
de risques d’avaries qu’aux kilométrages
intermédiaires ! Moralité : à vous de vous
montrer offensifs lors des négociations !
Quelles motos à fort kilométrage
sont-elles intéressantes et lesquelles
éviter ?
En rapport à ce qui vient d’être évoqué,
toutes les machines dont l’entretien peut
être justifié sont à retenir. Profitez-en.
Car à l’exception de quelques GT qui se
vendent à prix d’or malgré leurs
totalisateurs sollicités, les modèles
lambda restent souvent sur le carreau, à
tort si vous avez retenu notre
démonstration.
Les valeurs les plus sûres
- Les BMW Série K, totalement increvables
- Les Honda VFR, idem
- Les Honda ST 1100,
- Les Kawasaki 1000 GTR,
- Les Honda CB 500.
Méfiez-vous des suivantes
- Les Kawasaki 1100 ZZR de première
génération ont régulièrement la bielle n°3
qui passe au travers du carter en usage
extrême,
- Les 900 Triumph à carbus ont une
longévité de vilebrequin aléatoire,
- Les 850 TDM souffrent de leur faible
réserve d’huile pour envoyer vilo et
bielles au fond du carter au moindre
défaut de niveau, les Suzuki GS 500 idem…
- Les 750 Suzuki GSXR de 1992 et 93 (les
premières à eau) recherchent régulièrement
des moteurs, tout comme les premières
Yamaha 1000 FZR dotées de l’EXUP,
- Les monocylindres ont du mal à passer le
cap des 50 000 sans réalésage, mais c’est
plutôt du domaine de la maintenance, sauf
pour les Honda 650 Dominator qui sont
friandes de culasses,
- Les premières 900 CBR peuvent avoir (ce
n’est pas systématique) un vilebrequin
fatigué.
- Les premières R 1100 BMW ont une boite
fragile, même si l’importateur s’en
défend.
Que surveiller ?
Veillez à connaître l’historique de la
moto, en essayant d’avoir les factures
d’entretien (et vérifiez que c’est bien de
cette machine dont il s’agît, c’est trop
facile de faire des photocopies de
l’entretien d’une autre…). Globalement
voici les échéances kilométriques de ce
qui doit avoir été vérifié, réglé ou
changé. Nous passons sous silence les
vidanges et changements de filtres, les
changements de plaquettes et de kits
chaîne, pour simplifier.
-
Jusque 20 000 km uniquement les factures
d’entretien courant.
-
Jusque 30 000 km ajoutez tous les
roulements (vérification, resserrage ou
changement), les éléments de suspension
(vérification),
-
Jusque 50 000 km ajoutez la vérification
et/ou changement de la distribution,
les éléments de suspension (changement)
Au delà les disques de freins sont
probablement bien atteints, tout
comme les garnitures d’embrayage.
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